On me pose parfois cette question :
Pourquoi peignez-vous ?
Je pourrais répondre avec légèreté que c’est une habitude, presque une addiction douce.
Mais la vérité est plus silencieuse.
Je peins parce que je ne sais pas faire autrement.
Depuis l’enfance, le dessin a toujours été un langage.
Un moyen de traduire ce qui ne se dit pas.
Une manière d’approcher l’invisible sans l’expliquer.
Peindre, ce n’est pas décorer le monde.
C’est dialoguer avec lui.
Chaque toile est une tentative.
Une exploration fragile entre ce que je vois et ce que j’imagine.
Entre la réalité tangible et cette part de mystère qui nous échappe toujours.
Lorsque je travaille, il y a un moment très particulier :
celui où la couleur commence à vivre d’elle-même.
Où l’œuvre me surprend.
Où elle m’échappe un peu.
C’est dans cet espace-là que je me sens à ma place.
Si mes tableaux apportent de la joie,
si un regard s’attarde,
si une porte s’entrouvre en silence, alors le dialogue a eu lieu.
Je ne peins pas pour convaincre.
Je peins pour ouvrir une porte.
Et chaque jour, je recommence.
Françoise Leblond

