Découvrez l’univers artistique de Françoise Leblond, une artiste peintre et sculpteur

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L’histoire d’un artiste ne commence pas le jour d’un diplôme.
Elle commence bien plus tôt, souvent dans le silence d’une enfance.

Très tôt, le dessin s’est imposé à moi comme une évidence.
Il ne s’agissait pas d’apprendre à représenter le monde,
mais de le regarder autrement.

Je me souviens des musées visités aux côtés de ma grand-mère.
Ces salles immenses, ces tableaux silencieux, ces couleurs qui semblaient respirer.
Sans le savoir encore, je recevais là une première initiation :
l’art pouvait être un espace de liberté.

Le dessin a été mon premier langage.
Puis sont venues les études :
l’Académie Charpentier à Paris,
l’Académie de la Grande Chaumière,
l’apprentissage du trompe-l’œil, de la fresque, des techniques décoratives.

Ces années m’ont appris la rigueur, la construction, la patience du geste.

J’ai travaillé comme décoratrice, exploré la matière et l’illusion.
Mais la peinture restait le centre de gravité.

En 2002, quitter Paris pour ouvrir mon atelier à Vence fut un tournant.
Plus tard, la Bretagne s’est imposée comme un nouvel ancrage.
Chaque territoire transforme la lumière, et la lumière transforme le regard.

Mon travail s’est nourri d’influences multiples :
la Renaissance pour la construction, cette façon de bâtir une œuvre comme on pose des fondations.
Les Impressionnistes pour la vibration de la couleur, cette lumière qui tremble et ne se fixe jamais tout à fait.
Le surréalisme pour la permission d’aller chercher ailleurs — dans le rêve, dans l’étrange, dans ce qui échappe à la raison.
Et des artistes comme Miró pour la joie des formes libres, Dalí pour l’inquiétante précision du songe, Niki de Saint Phalle pour cette façon d’affirmer la couleur comme un acte de vie.

 

Au fil du temps, les influences s’estompent.
Ce qui demeure, c’est une voix.

Je ne copie pas ce que je vois.
Je le transforme.
Je le déplace.
Je le traverse.

Certaines commandes ont marqué ce parcours, comme la réalisation d’un banc pour le Festival de Cannes — un projet où la peinture quittait la toile pour dialoguer avec l’espace public.

Aujourd’hui, je cherche un territoire où le réel et l’imaginaire se rencontrent.
Chaque œuvre est une tentative de recomposition du monde.

Si mon travail évolue, il conserve une constante : la volonté de créer des espaces où l’imaginaire reste possible.
Un endroit où quelqu’un, devant une toile, pourrait se souvenir d’avoir rêvé.

Françoise Leblond