On me pose souvent la question :
Pourquoi peignez-vous ?
Je pourrais répondre simplement : parce que je ne peux pas faire autrement.
Mais ce serait une réponse incomplète.
Je peins parce que la peinture me permet d’entrer en relation.
Relation avec le monde.
Relation avec ce qui m’entoure.
Relation avec ceux qui regardent.
Peindre, c’est ma façon de parler au monde —
non pas pour expliquer,
mais pour partager.
Partager une couleur qui vibre.
Un sourire discret.
Une fantaisie qui allège.
On me dit souvent que mes chats font rire.
Que mes couleurs font du bien.
Je crois que ce sont eux, en réalité, qui créent le lien.
Ils désarment.
Ils ouvrent un espace où l’on peut sourire sans se justifier.
Je ne cherche pas la performance.
Je cherche la présence.
Il y a dans l’acte de peindre une joie simple :
celle de voir naître quelque chose qui n’existait pas.
Une forme.
Un regard.
Un univers minuscule mais habitable.
Et puis il y a ce moment particulier :
celui où quelqu’un s’arrête devant une toile.
Un instant suspendu.
Un échange silencieux.
C’est peut-être cela, au fond, qui me fait continuer.
Peindre n’est pas seulement un besoin intérieur.
C’est un geste offert.
Un éclat de lumière glissé dans le quotidien.
Une invitation à regarder autrement.
Et peut-être — oui —
pour qu’ailleurs, un regard s’illumine un peu plus librement.
Françoise Leblond

