Otéro n’est pas née sculpture. Elle habitait d’abord La Belle Otéro, ce tableau où Françoise Leblond imagine une créature mi-autruche mi-femme, inspirée de la légendaire courtisane de la Belle Époque. Françoise Leblond l’en a extraite — non pas copiée, extraite — pour lui donner un corps réel, en aluminium peint : le même visage rouge aux yeux bleus, les mêmes cheveux de fils métalliques, et surtout, tout contre elle, le même enfant qui dormait déjà dans la toile.
C’est ce dernier détail qui compte le plus. Si la sculpture avait perdu l’enfant, ce ne serait qu’un transfert de matière. En le gardant, Françoise Leblond prolonge une relation, pas seulement une forme — la tendresse traverse le changement de dimension intacte.
D’ordinaire, c’est le spectateur qui entre dans un tableau en le regardant. Ici, le mouvement s’inverse : c’est un personnage qui sort de sa toile pour venir occuper le même espace que nous.
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Otéro n’est pas née sculpture. Elle habitait d’abord La Belle Otéro, ce tableau où Françoise Leblond imagine une créature mi-autruche mi-femme, inspirée de la légendaire courtisane de la Belle Époque. Françoise Leblond l’en a extraite — non pas copiée, extraite — pour lui donner un corps réel, en aluminium peint : le même visage rouge aux yeux bleus, les mêmes cheveux de fils métalliques, et surtout, tout contre elle, le même enfant qui dormait déjà dans la toile.
C’est ce dernier détail qui compte le plus. Si la sculpture avait perdu l’enfant, ce ne serait qu’un transfert de matière. En le gardant, Françoise Leblond prolonge une relation, pas seulement une forme — la tendresse traverse le changement de dimension intacte.
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