Oeuvre vendue
Henri Rousseau n’a jamais quitté la France. Ses jungles, ses fauves, ses scènes exotiques ont pourtant donné naissance à des mondes entiers, nourris par les serres du Jardin des Plantes, les animaux observés à Paris, les images et les récits venus d’ailleurs. Le Douanier n’avait besoin ni de bateau ni de passeport pour inventer une jungle.
Françoise Leblond prolonge cette logique plutôt qu’elle ne la cite. Dans cette végétation aux verts profonds, une muse féline rêve tandis qu’un musicien joue et que lions et singes veillent dans les feuillages. Rousseau avait fait entrer le rêve dans la jungle ; Françoise y fait entrer ses propres habitants. Rien ici ne demande à être vraisemblable pour devenir crédible : seule compte la cohérence intérieure du songe.
Chez Rousseau comme chez Françoise Leblond, peindre un monde n’a jamais exigé de l’avoir vu. Il suffit peut-être de l’imaginer assez précisément pour donner aux autres l’envie d’y entrer.
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Henri Rousseau n’a jamais quitté la France. Ses jungles, ses fauves, ses scènes exotiques ont pourtant donné naissance à des mondes entiers, nourris par les serres du Jardin des Plantes, les animaux observés à Paris, les images et les récits venus d’ailleurs. Le Douanier n’avait besoin ni de bateau ni de passeport pour inventer une jungle.
Françoise Leblond prolonge cette logique plutôt qu’elle ne la cite. Dans cette végétation aux verts profonds, une muse féline rêve tandis qu’un musicien joue et que lions et singes veillent dans les feuillages. Rousseau avait fait entrer le rêve dans la jungle ; Françoise y fait entrer ses propres habitants. Rien ici ne demande à être vraisemblable pour devenir crédible : seule compte la cohérence intérieure du songe.
Chez Rousseau comme chez Françoise Leblond, peindre un monde n’a jamais exigé de l’avoir vu. Il suffit peut-être de l’imaginer assez précisément pour donner aux autres l’envie d’y entrer.
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