Lorsque Manet présente Olympia en 1865, ce n’est pas simplement la nudité qui trouble. Le nu appartient depuis longtemps à l’histoire de la peinture. Ce qui dérange aussi, c’est cette femme bien réelle, contemporaine, qui regarde le spectateur sans détour et refuse l’alibi rassurant de la mythologie. Au pied du lit, un chat noir hérissé ajoute encore à l’insolence de la scène.
Françoise Leblond conserve presque tout ce qui rend Olympia immédiatement reconnaissable : le lit défait, la pose, la servante, le bouquet et surtout ce regard frontal. Un déplacement s’opère : le chat noir de Manet a disparu du pied du lit, et Olympia elle-même est devenue une chatte. Le félin n’est plus relégué au bas de la composition : il en occupe le centre.
Ce déplacement suffit à bouleverser notre réaction. La pose, la composition, le regard sont là, et le corps qui provoquait devient familier, tendre, presque drôle. La question de Manet reste posée, mais déplacée : si nous sourions maintenant devant une scène qui scandalisait autrefois, qu’est-ce qui a réellement changé, le tableau, celui qui nous regarde, ou notre propre regard ?
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Lorsque Manet présente Olympia en 1865, ce n’est pas simplement la nudité qui trouble. Le nu appartient depuis longtemps à l’histoire de la peinture. Ce qui dérange aussi, c’est cette femme bien réelle, contemporaine, qui regarde le spectateur sans détour et refuse l’alibi rassurant de la mythologie. Au pied du lit, un chat noir hérissé ajoute encore à l’insolence de la scène.
Françoise Leblond conserve presque tout ce qui rend Olympia immédiatement reconnaissable : le lit défait, la pose, la servante, le bouquet et surtout ce regard frontal. Un déplacement s’opère : le chat noir de Manet a disparu du pied du lit, et Olympia elle-même est devenue une chatte. Le félin n’est plus relégué au bas de la composition : il en occupe le centre.
Ce déplacement suffit à bouleverser notre réaction. La pose, la composition, le regard sont là, et le corps qui provoquait devient familier, tendre, presque drôle. La question de Manet reste posée, mais déplacée : si nous sourions maintenant devant une scène qui scandalisait autrefois, qu’est-ce qui a réellement changé, le tableau, celui qui nous regarde, ou notre propre regard ?
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