Dix heures dix : c’est l’heure qu’affichent presque toutes les montres en vitrine ou en photo — jamais l’heure qu’on vit vraiment, toujours celle qu’on montre. Françoise Leblond s’empare de cet instant fabriqué, et c’est précisément ce choix qui autorise tout le reste : si le temps affiché n’a jamais correspondu à un moment réel, alors rien, dans ce tableau, n’a plus besoin d’obéir aux lois du réel non plus.
Un poisson immense traverse le ciel, une montre à gousset suspendue à sa nageoire, figée sur cette heure impossible. Il porte sur son dos un village entier, ses tours, ses arbres, un chat qui s’y promène comme si de rien n’était. Plus loin, d’autres poissons transportent chacun leur monde — un couple enlacé, un parent et son petit, une sirène, deux pingouins égarés loin de leur banquise — des existences qui n’auraient rien à faire ensemble si l’horloge du tableau tournait normalement.
Françoise Leblond ne peint pas un rêve au hasard : elle choisit la seule heure qui n’a jamais vraiment existé, pour y loger un monde qui n’a pas besoin d’exister non plus — et qui, pourtant, tient parfaitement debout.
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Dix heures dix : c’est l’heure qu’affichent presque toutes les montres en vitrine ou en photo — jamais l’heure qu’on vit vraiment, toujours celle qu’on montre. Françoise Leblond s’empare de cet instant fabriqué, et c’est précisément ce choix qui autorise tout le reste : si le temps affiché n’a jamais correspondu à un moment réel, alors rien, dans ce tableau, n’a plus besoin d’obéir aux lois du réel non plus.
Un poisson immense traverse le ciel, une montre à gousset suspendue à sa nageoire, figée sur cette heure impossible. Il porte sur son dos un village entier, ses tours, ses arbres, un chat qui s’y promène comme si de rien n’était. Plus loin, d’autres poissons transportent chacun leur monde — un couple enlacé, un parent et son petit, une sirène, deux pingouins égarés loin de leur banquise — des existences qui n’auraient rien à faire ensemble si l’horloge du tableau tournait normalement.
Françoise Leblond ne peint pas un rêve au hasard : elle choisit la seule heure qui n’a jamais vraiment existé, pour y loger un monde qui n’a pas besoin d’exister non plus — et qui, pourtant, tient parfaitement debout.
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